5 idées reçues sur le Digital Learning

- - Laisser un commentaire

MOOC, COOC, Serious game, social learning, flash & mobile learning, pas de doute, la formation professionnelle n’échappe pas à la révolution digitale qui bouleverse notre manière de travailler. Le bon vieux e-learning a fait long feu ! Exit les diaporamas interminables et ennuyeux en face à face avec son écran de PC.

Aujourd’hui, chacun apprend sur internet en suivant des MOOC ou en visionnant des vidéos postées par des experts du monde entier, en participant aux forums de ses communautés sur le réseau collaboratif de son entreprise ou encore en s’exerçant à son métier à l’aide d’un serious game. La promesse est grande, mais avant de digitaliser toute la formation de votre entreprise, il convient de bousculer quelques idées reçues concernant le digital learning.

Idée reçue n°1 : Le digital learning est systématiquement plus économique que la formation traditionnelle

Même si plus personne ne pense à remplacer tous les formateurs en chair et en os par des avatars ou des logiciels, beaucoup conservent l’idée que le digital est une source facile d’économies. Et c’est vrai ! Mais sous certaines conditions… La digitalisation de la formation n’est économiquement rentable que si les contenus sont réutilisés de nombreuses fois, que les apprenants sont nombreux ou encore dispersés géographiquement. Outre ces cas, les modalités d’apprentissage digitales sont aussi chères voire plus chères que celles de la formation classique.

En effet, leurs coûts d’entrée sont beaucoup plus élevés : acquisition, détention et maintenance d’une ou plusieurs solutions informatiques, conception des modules nécessitant des expertises nouvelles et surtout un temps plus long de réalisation (3 à 4 fois plus), pilotage plus complexe du temps de formation, financement plus difficile à obtenir pour les actions de formation digitales. Autant de coûts directs et indirects associés au digital qui en font une modalité loin d’être systématiquement meilleur marché que des formats classiques de formation.

Idée reçue n°2 : Le digital learning se limite aux savoir-faire, il est inopérant à modifier les savoir-être

Profonde est la croyance qui nie la capacité d’un dispositif digital à développer un apprenant sur ses savoir-être, ses comportements. On admet aisément qu’il est possible d’acquérir une connaissance théorique au moyen d’un e-learning, voire qu’il est possible de comprendre et de s’approprier les rudiments d’un geste technique en regardant une vidéo démonstrative. Difficile en revanche de vendre du digital pour s’approprier une culture d’entreprise, pour développer le sens du service client ou encore pour s’exercer à la gestion de conflits.

C’est sans compter sur les simulateurs, les serious games et la réalité augmentée. Les outils actuels, et plus encore ceux de demain, permettent d’immerger l’apprenant dans une mise en situation virtuelle qui lui donne de réels moyens de modifier son comportement et d’acquérir des réflexes pertinents.

Les vendeurs s’exercent ainsi sur un nouvel argumentaire commercial, face à des clients virtuels simulés par un programme d’intelligence artificielle, capable de réagir aujourd’hui en utilisant des réponses sélectionnées automatiquement dans un script, demain en répondant aux langages non-verbal et à la voix même de l’apprenant.

Idée reçue n°3 : Le digital learning est un gage de modernité

Tout ce qui est numérique ne brille pas des feux de la modernité. D’abord, parce que cela fait près d’une vingtaine d’années que la formation digitale existe. Certes, elle a beaucoup évolué dans sa forme, nous sommes passés des CD-Rom à Internet et des diaporamas aux serious games, mais elle n’est pas nouvelle en soi. Il y a donc un risque réel de réaliser et de diffuser des modules de formation obsolètes bien qu’à la pointe technologique.

De plus, l’accès aux modules de formation numériques met souvent en exergue les limites de performance ou des règles trop strictes de sécurité du système d’information de l’entreprise : la lecture des vidéos n’est pas fluide, certains contenus ou outils web cités dans une formation s’avèrent inaccessibles via le réseau interne.

Enfin, il ne faut pas oublier que la modernité peut passer par la réinvention de la manière de concevoir et de réaliser les formations en salle : le théâtre d’entreprise, les ateliers de codéveloppement, les méthodes de reverse mentoring ou de reverse learning, la gamification des sessions de formation représentent autant de moyens de moderniser la manière de former dans votre entreprise, et souvent à moindres frais.

Idée reçue n°4 : Le digital learning est réservé à la jeune génération

La fracture numérique existe, mais pas sur le seul critère de l’âge. 48 % des achats en ligne sont effectués par des seniors. Et pour être plus proche de notre sujet, les ménagères de plus de cinquante ans ont très rapidement colonisé le site marmiton.org pour y créer la plus grande plateforme de social learning culinaire ! Alors, ne vous souciez pas d’un éventuel problème générationnel.

Les facteurs clés d’adoption d’une formation digitale ne diffèrent pas des modalités plus classiques : des contenus pertinents, une bonne facture pédagogique, un lien fort à l’opérationnel et une bonne communication sur l’offre et la politique de formation. Si tel est le cas, l’usage en sera fait par vos salariés de 16 à 65 ans.

Idée reçue n°5 : Le digital learning se résume à une évolution technologique

La digitalisation de la formation ne se limite pas au domaine technologique, elle revêt un aspect culturel très fort qui sous-tend une évolution des organisations, des pratiques managériales et plus globalement de la culture d’entreprise. Il faut bien sûr intégrer de nouvelles technologies, mais aussi repenser le rôle de la DRH, faire évoluer la posture des apprenants, modifier le style de management, renouveler les méthodes pédagogiques ou encore redéfinir les indicateurs de pilotage pour mesurer la montée en compétences des apprenants, des équipes et finalement de l’entreprise dans sa globalité. Il ne suffit donc pas d’investir dans un Learning Management System (LMS) pour réussir la digitalisation de votre offre de formation.

Maintenant vous voilà informés, vous pouvez vous engager sur la voie du digital learning à bon escient, sans être aveuglé par le scintillement de promesses trop belles de la part des éditeurs ni par l’éclat d’une modernité toujours éphémère. Le véritable enjeu n’est pas dans la numérisation de vos formations, mais bel et bien dans votre capacité à insuffler un nouvel état d’esprit au sein de votre entreprise.

Digital learning ou pas, vos collaborateurs doivent devenir des serial learners aptes à naviguer dans notre monde devenu fluide.


logo-cercle-echos3

Article publié dans : Le Cercle Les Echos
Site Internet : http://www.lesechos.fr/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *