La nouvelle « coopération décentralisée » : l’intégration mondialisée

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Jeune Afrique - Quand les villes font leur révolution - Hors série spécial villes 2013Sur le continent le moins connecté de la planète, tous les ingrédients d’un boum d’Internet sont enfin en place. Aux villes d’en tirer profit.

Aujourd’hui, la coopération décentralisée regroupe l’ensemble des actions de coopération internationale menées par les collectivités territoriales françaises : jumelages, projets de développement, échanges techniques, opérations de promotion économique (aide à la création d’entreprise, appui aux acteurs économiques, micro-crédits…), coopération transfrontalière.

Au total 4 789 collectivités territoriales françaises menaient, en 2009, 12 000 projets avec 9 939 collectivités étrangères dans 141 pays. L’Afrique subsaharienne représentait 70% de l’aide publique au développement avec 49,5 millions d’euros.

Avec l’avènement du numérique et des technologies de l’information et le développement des transports, de nombreux secteurs de la société se sont mondialisés : les entreprises, les universités, les établissements culturels voire le secteur hospitalier. Les grands groupes internationaux ont des antennes sur les quatre continents, on y travaille à Shanghai, à Paris, à New-York, à Johannesburg, à San Paolo quasiment de la même manière. De plus en plus d’universités ont des campus aux quatre coins du monde où l’on peut réaliser son parcours, une année dans un campus et l’année suivante dans l’autre. Le musée du Louvre va ouvrir une antenne à Abou Dhabi en 2016…

Alors pourquoi les villes ne se mondialiseraient pas, elles enclencheraient une nouvelle étape de la coopération décentralisée ? Allons plus loin que la simple aide dans des projets de développement, le jumelage de villes avec des échanges scolaires et les correspondants ou encore le recyclage en Afrique de bus de transports collectifs dont les villes occidentales se débarrassent. Et si les villes fusionnaient pour offrir un territoire plus grand et des services étendus à leurs administrés, aux entreprises, aux établissements scolaires ?…

Imaginons que le territoire de la ville de Lyon, par exemple, s’étende jusqu’à Ouagadougou et réciproquement. Imaginons qu’une entreprise installée à Ouagadougou ait une forte proximité avec le bassin économique et les consommateurs Lyonnais. Un bureau de développement économique de la ville de Lyon ou de la chambre de commerce soit implanté dans l’hôtel de ville de Ouagadougou et le bureau de Ouagadougou dans l’hôtel de ville de Lyon. Que les échanges soient favorisés et développées. Avec une croissance de plus de 5% par an dans les prochaines années contre 3,1% dans le monde en 2012, près de 10 millions de nouveaux arrivants sur le marché du travail par an et un taux d’emploi non-salariés de plus de 70% (80% pour les femmes), selon la banque mondiale, l’Afrique subsaharienne va voir son développement économique s’accélérer et son tissu de petites entreprises de croissance exploser. En termes d’attractivité économique, les villes de Lyon et de Ouagadougou ainsi rassemblées pourraient faire valoir un territoire déjà mondialisée permettant aux deux villes de se distinguer par rapport aux autres villes de taille semblable en Europe pour l’une et en Afrique subsaharienne pour l’autre.

Avec une direction de l’urbanisme mutualisée par exemple, la ville de Ouagadougou pourrait bénéficier de l’expertise de la ville de Lyon et la ville de Lyon du pragmatisme nécessaire des services techniques de la ville de Ouagadougou, notamment en termes de recherche de solutions efficientes à moindre coûts. Il peut en être de même pour un grand nombre de services de la ville. Les écoles par exemple, pourraient bénéficier de ce même apport.

Ainsi, avec cette nouvelle vision de la coopération décentralisée, l’ensemble des services de la ville peuvent bénéficier de ce double apport, offrant ainsi aux administrés l’opportunité de s’enrichir culturellement et de s’ouvrir sur le monde et aux entreprises de voir leur territoire domestique s’étendre pour mieux se développer.


Article publié dans : Jeune Afrique – hors série spécial villes – édition 2013
Site Internet : http://www.jeuneafrique.com/

Cette entrée a été publiée dans Afrique, Enjeux sociaux, Secteur Public le par .

À propos Olivier Bertrand

Olivier Bertrand, associé, est en charge de l’activité Business Consulting et de la pratique conseil en stratégie au sein du cabinet Infhotep. Après 10 ans passés dans le conseil auprès des directions générales et opérationnelles, notamment autour des problématiques de pilotage de la performance et de l’aide à la décision, il a rejoint le cabinet Infhotep en 2004. A ce titre, il accompagne aujourd’hui des directions générales et leurs directeurs de grands groupes et de ETI, dans leur transformation.

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