Les collectivités peuvent-elles profiter du cloud computing, qu’en est-il un an plus tard ?

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Il y a un an, le SICTIAM, syndicat intercommunal des collectivités territoriales informatisées des Alpes Méditerranée invitait le cabinet Infhotep à assurer la direction éditoriale d’un colloque à destination de ses adhérents. Le sujet : les collectivités peuvent-elles profiter du cloud computing ? Cette journée a été l’occasion de faire le point sur les difficultés spécifiques des collectivités territoriales dans l’adoption de l’informatique dans les nuages. Elle a également permis de partager les retours d’expériences sur des projets d’infrastructures ambitieux, dans le département de la Côte-d’Or et la communauté urbaine du Grand Lyon.

Pour retrouver les éléments de cette journée, le cabinet Infhotep partage avec vous ce compte-rendu :

Les collectivités territoriales et le cloud : dans le nuage ou dans le brouillard ?
Synthèse de la conférence du 21 septembre 2012

Ce compte-rendu dresse le constat partagé par les participants : les difficultés juridiques à héberger ses données à l’étranger, l’absence de fournisseur de cloud en France et l’attachement culturel des collectivités à leurs données favorisent l’émergence de projets régionaux.

Qu’en est-il un an plus tard ?

Les deux projets de cloud souverain, co-financés par l’Etat, que sont CloudWatt et Numergy ont ouvert leurs portes. Ils se concentrent pour le moment sur les couches basses du nuage : le stockage et les machines virtuelles. Ce sont précisément ces infrastructures as a service (IaaS) qui intéressent le plus les collectivités territoriales. Mais, pour le moment, CloudWatt ne propose que de l’espace de stockage. De son côté, Numergy ne fournit que des machines virtuelles. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur la fiabilité et l’attractivité économique de ces offres pour les entreprises publiques. C’est ce que confirme le positionnement marketing actuel de ces deux offres, qui laisse entendre que leurs cibles principales sont les particuliers et les petites entreprises. Il n’existe donc pas encore de solution nationale pour les collectivités territoriales, mais on peut espérer qu’elles soient en cours de construction, si ce n’est dans ces deux incarnations du projet Andromède, au moins chez d’autres acteurs, comme OVH ou IBM.

Les réticences des collectivités à sortir leurs données hors des murs restent tenaces, comme chez bien d’entreprises privées d’ailleurs, mais quelques positions moins frileuses sur la question commencent à apparaître. Certains DSI ont été mis devant le fait accompli lorsque leur hébergeur leur a annoncé le déménagement de leurs datacenters dans un autre pays, par exemple l’Angleterre, dans des délais ne leur permettant pas de rapatrier leurs données sur un service équivalent en France. De fait, les données ont été hébergées en dehors des frontières, alors que l’hébergeur avait été choisi expressément au départ pour les stocker sur le sol français. Face à cette situation paradoxale, et confrontés à une pression constante sur les effectifs depuis plusieurs années, des DSI procèdent une analyse de risques et parient sur l’externalisation dans des clouds en dehors du territoire national. Cela commence par le stockage des sauvegardes, mais la question du courrier électronique se pose très vite. Cette semaine, un conseil général a migré son courrier électronique et ses agendas dans Google Apps for Business. Le service juridique a approuvé la démarche, ayant obtenu des garanties suffisantes à ses yeux de la part de Google. Ces positions restent très isolées mais pourraient servir de jurisprudence pour d’autres collectivités.

Fin 2012, le colloque concluait que le futur à court terme du cloud territorial était communautaire, à l’échelle d’acteurs locaux. Mais si les mentalités évoluent et que les difficultés juridiques diminuent, on peut se demander si ces clouds, régionaux ou nationaux, n’arriveront pas en retard sur un marché qui a besoin de diminuer ses coûts de fonctionnement informatique, face à des concurrents internationaux qui disposent d’offres terriblement séduisantes.


Contact :
Christian Hartz, associé

Cette entrée a été publiée dans Cloud computing, Secteur Public, Système d’Information le par .

À propos Olivier Bertrand

Olivier Bertrand, associé, est en charge de l’activité Business Consulting et de la pratique conseil en stratégie au sein du cabinet Infhotep. Après 10 ans passés dans le conseil auprès des directions générales et opérationnelles, notamment autour des problématiques de pilotage de la performance et de l’aide à la décision, il a rejoint le cabinet Infhotep en 2004. A ce titre, il accompagne aujourd’hui des directions générales et leurs directeurs de grands groupes et de ETI, dans leur transformation.

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