Serial learner, le talent qui tue !

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Dans 20 ans, la moitié des métiers que nous connaissons aura disparu. L’avenir appartient donc aux individus capables de développer continuellement de nouvelles compétences. Cette nouvelle espèce de talent a un nom : serial learner.

La transformation de chaque entreprise ne passe plus par l’intelligence, la performance et les qualités de quelques-uns. Les politiques de Talent Management ont fait long feu. La réussite d’une entreprise est plus que jamais liée son intelligence collective et à l’agilité de l’ensemble des collaborateurs.

Conscients de cela, les DRH entrent dans une démarche de développement du capital humain étendu. C’est la seule voie qui leur permet simultanément de développer l’agilité organisationnelle, de maintenir l’excellence opérationnelle et de répondre aux exigences en termes de responsabilité sociale et sociétale.

Il devient donc nécessaire de considérer l’ensemble des collaborateurs comme des talents potentiels et de mettre en œuvre les moyens de développer chez chacun les 5 qualités du serial learner.

Proactivité

Pour reprendre une expression chère au législateur, le serial learner est acteur de son développement et œuvre à sa propre employabilité. Il est attentif aux évolutions qui affectent son métier et anticipe les nouvelles compétences à développer. Il se projette, au sein de son organisation. Il construit son projet professionnel, à l’image de l’entrepreneur qui construit son projet d’entreprise.

Le serial learner est effectivement mû par un esprit d’intrapreneuriat. Il se sent engagé et participe activement à la création de valeur dans son entreprise, dans une dynamique symbiotique d’alimentation réciproque de leurs projets respectifs : son projet professionnel et le projet d’entreprise.

Sociabilité

Cette implication dans le projet commun nécessite une réelle intelligence relationnelle. Le retour aux collectifs de travail et aux communautés de pratiques est une marque forte de notre époque dans laquelle s’inscrit pleinement le serial learner.

Il fait preuve d’une grande sociabilité : il porte une attention continue à son environnement de travail, fait preuve d’une écoute constante des personnes avec qui (et pour qui) il travaille. Il est en interaction permanente avec son écosystème professionnel.

Capacité d’apprentissage

Cette adaptation continue est rendue possible grâce à la grande capacité d’apprentissage du serial learner. C’est certainement là, sa qualité principale ; celle qui lui permet d’être agile, d’être innovant, de naviguer dans notre monde liquide. Le serial learner apprend partout, tout le temps et sous toute forme. Il est passé maître dans l’art de tirer des enseignements de ses erreurs, dans l’adoption d’une prise de recul systématique sur ce qu’il fait : il est à la fois acteur et observateur de ce qu’il réalise. Il apprend également plus facilement des autres au moyen de ses neurones miroirs dont il a pleinement pris conscience.

Le serial learner est par ailleurs très efficace dans ses apprentissages : il a appris à apprendre. Il apprend donc plus vite et retient mieux. Dans un monde où l’information est si indispensable, mais aussi si dense et abondante, le serial learner sait chercher, trier et trouver ce qui l’intéresse. Il sait aussi favoriser et tirer les bénéfices de la sérendipité : trouver ce qu’il ne cherchait pas et le mettre à profit.

Sens du partage

Si un serial learner apprend continuellement, il a aussi à cœur de transmettre sa connaissance. L’apprentissage est une respiration : on prend et on donne. Le serial learner est un médium, un knowledge curator. Il formalise et diffuse la connaissance utile dans l’entreprise, la rend plus accessible et plus compréhensible aussi bien par ses pairs que par des novices.

Les serial learners publient sur les forums ou le blog des communautés de pratiques internes, ils élaborent et dispensent des formations internes sur leurs domaines d’expertise et n’hésitent pas à assister leur collègue en difficulté.

Pragmatisme

Enfin, le serial learner est pragmatique : il privilégie l’action sur la réflexion. Il ne s’agit pas ici de faire de tous les salariés d’une entreprise des philologues ou d’éternels étudiants. L’apprentissage ne doit pas être considéré comme une fin en soi. C’est pourquoi les serial learners privilégient les apprentissages en situation de travail, les apprentissages expérientiels. Ils ne se perdent pas dans les tourbillons du savoir, une découverte en appelant une autre, dans une spirale sans fin. Le serial learner apprend pour servir un objectif concret, en lien avec son activité professionnelle.

Doté de ces 5 qualités, le serial learner contribue harmonieusement à son enrichissement intérieur et à la performance globale de son entreprise.


logo-cercle-echos3Article publié dans : Le Cercle Les Echos
Site Internet : http://www.lesechos.fr/

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