Télécommunications en Afrique : la partie ne fait que commencer

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Si certains économistes considèrent que « l’Afrique est le continent le plus propice à l’essor de la 3ème révolution industrielle, celle du coût marginal zéro », le continent est à un point d’inflexion où un potentiel important en matière de technologies Internet et Mobile commence à basculer vers une croissance prometteuse et soutenue.

Avec l’un des taux de croissance les plus enviables, autour de 5% en 2015, et le deuxième plus grand marché de la technologie Mobile en terme de volume après l’Asie, l’Afrique semble être « la femme la plus convoitée au Monde »…

Pénétration du mobile et d'Internet en Afrique

Taux de pénétration et taux de croissance du Mobile et d’Internet sur le continent africain

L’Afrique : Un développement réel et hétérogène

En 2015, la population totale du continent dépasse 1,1 milliard de personnes pour laquelle le taux d’urbanisation frôle les 40%. Si aujourd’hui, plus d’un africain sur 2 dispose d’un compte Facebook actif, 25% de la population souffre du manque d’infrastructure électrique de base. On dénombre par ailleurs en moyenne 2,6 médecins pour 100 000 habitants en Afrique Subsaharienne.

Le taux continental de pénétration moyen pour Internet peine à 17% tandis que celui du mobile grimpe à 75% en moyenne avec certains pays leaders (Afrique du Sud et pays du Maghreb) qui enregistrent des taux de pénétration mobile de plus de 125% et d’autres au bas du classement (Erythrée à 6%, Burundi, Sud Soudan, Ethiopie autour de 25% et Djibouti 28%).

Sur un continent où la moyenne du taux de bancarisation est à peine de 18% et où seulement 10% d’entre eux ont un compte bancaire sur leur mobile, 30% des africains seraient prêts à s’essayer à la banque mobile…cela reflète une tendance : l’Afrique connectée !

Certes, différents niveaux de maturité et une différenciation majeure en termes de règlementation, d’infrastructures et de couverture dessinent une Afrique contrastée ; mais partout l’éveil collectif face aux technologies numériques et la volonté d’initiative et d’innovation en la matière sont prometteurs…

Des efforts en matière d’infrastructures sont déployés avec la multiplication de câbles sous-marins, le développement de la connectivité et des efforts en matière de mobilité et d’accessibilité (notamment financière) des équipements électroniques ou encore de créations des fermes solaires et éoliennes (300 Mds$ ont été investis courant 2014, dépassant ainsi les investissements effectués dans les énergies fossile et nucléaire) laissent entrevoir l’essor dès 2015 de la pénétration accrue et généralisée d’Internet et du Mobile en Afrique.

Exemples d'expériences innovantes made in Africa

Pays à la pointe de l’innovation numérique via le Mobile en Afrique

L’Afrique : une Terre d’innovation numérique ?

Le secteur de la téléphonie mobile notamment a su proposer des modes de consommation connectés, opérationnels, alternatifs et commercialement légers afin de tenir compte des spécificités locales. Certains économistes avancent même que « l’Afrique va passer directement de l’absence d’électricité à l’Afrique Digitale ».

Aujourd’hui, le continent héberge 4 des 30 marchés mondiaux les plus matures pour le paiement mobile (Kenya, Nigéria, Egypte et Afrique du Sud).

Certaines success stories 100% locales -à l’instar du paiement mobile M-Pesa au Kenya- sont largement plébiscitées dans le monde et répliquées ailleurs en Afrique (Tanzanie, Egypte, Lesotho, Mozambique).

Autant de promesses et de défis à venir sachant que le secteur des Biens de consommation en Afrique est celui qui va enregistrer la plus forte croissance d’ici 2020, estimée à 407 Mds$ (soit plus de 4% par an entre 2011 et 2020).

L’Afrique subsaharienne représente aujourd’hui l’un des marchés les plus innovants notamment pour les applications évolutives. Au-delà du Mpaiement, c’est tout un  Mcommerce qui fleurit à travers le continent. Les secteurs de la Santé et de l’Agriculture illustrent cette tendance : Télémedecine au Mozambique, Télédiagnostic au Botswana, Obtention d’informations médicales par SMS au Cameroun, Informations d’aide à la production et commercialisation du Cacao en Côte d’ivoire sont autant d’exemples d’applications innovantes made in Africa.

La démocratisation des accès, les efforts consentis en faveur de la pénétration 3G/4G, les programmes gouvernementaux mis en place (Programme 2015 Côte d’ivoire : « 1 citoyen – 1 ordinateur – 1 connexion ») et les partenariats publics privés tant continentaux qu’internationaux viennent conforter la tendance : le potentiel de développement du numérique en Afrique est gigantesque…


Auteurs :
Olivier Bertrand – Associé
Daoya Hakmi – Consultante

Cette entrée a été publiée dans Afrique, Economie numérique, Nouveaux usages le par .

À propos Olivier Bertrand

Olivier Bertrand, associé, est en charge de l’activité Business Consulting et de la pratique conseil en stratégie au sein du cabinet Infhotep. Après 10 ans passés dans le conseil auprès des directions générales et opérationnelles, notamment autour des problématiques de pilotage de la performance et de l’aide à la décision, il a rejoint le cabinet Infhotep en 2004. A ce titre, il accompagne aujourd’hui des directions générales et leurs directeurs de grands groupes et de ETI, dans leur transformation.

2 réflexions au sujet de « Télécommunications en Afrique : la partie ne fait que commencer »

  1. Abdoulaye Bah

    Merci pour cet article bien fouillé qui illustre bien comment les pays africains avancent en rangs dispersés dans dans le domaine des NTIC.

  2. Renato NSUMBU

    Quand on parle de l’Afrique dans les médias, c’est souvent pour évoquer la pauvreté, les maladies, l’instabilité politique, la guerre, la corruption. En même temps, de nombreux articles prédisent un avenir radieux pour l’Afrique comme le futur berceau de l’innovation. En tant qu’africains, ces articles flattent certainement notre fierté et notre ego après les nombreuses humiliations qu’a subies ce continent comme l’esclavagisme et la colonisation.
    Quand il s’agit du futur, il n’y a personne qui y allé comme dans la saga « retour vers le futur » et revenu en arrière dans le présent/passé pour nous le décrire. Pour moi, 2 personnes font la meilleure description du futur : « Le meilleur moyen de prévoir le futur, c’est de le créer » de Peter Drucker qui fut professeur et consultant américain en management d’entreprise, auteur et théoricien. Il est à l’origine de nombreux concepts utilisés dans le monde de l’entreprise, comme l’esprit d’entreprise et l’innovation systématique.
    La deuxième citation est de Marco Polo qui disait ceci : »Vous ne pouvez pas changer le futur, mais vous pouvez changer vos habitudes et celles-ci changeront votre futur. »
    Le futur n’est pas donc pas un carton rempli de choses prêtes à consommer mais plutôt un carton vide à remplir. La vie est un livre et le futur, une page vierge qui se remplit par ce que nous y écrivons aujourd’hui.
    Sans être pessimiste, en tant que fils de ce continent, je crois à un meilleur avenir et radieux pour l’Afrique, mais pas celui écrit par ceux qui nous ont exploités, chosifiés et vendus mais plutôt par ses filles et fils comme Thomas Sankara ou Patrice Emery Lumumba, malheureusement au prix de leur sang.

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